Que les amateurs de jazz le sachent : Salon n'a rien à envier aux boîtes de jazz parisiennes. En effet, l'Institut Musical de Formation Professionnelle (IMFP) propose depuis plusieurs années déjà, dans ses locaux situés boulevard Raoul Francou, des soirées cabaret dans la plus pure tradition jazz.
Ce 25 janvier, les fidèles sont au rendez-vous pour l'un de ces savoureux mardis du jazz à Salon de Musique. L'accueil est très cool, ici les moeurs sont tellement adoucies par tant de musique. Car on est à la source même de la musique. De cette prestigieuse école, enviée par d'autres villes alentour, sortiront les grands musiciens de demain. Avant de pénétrer dans le temple du jazz salonais, il convient de goûter au plat du jour qu'on achète à un stand installé dans la cour. Ce soir c'est daube-pâtes (qui était excellente, soit dit au passage). Passé la porte, le mélomane est accueilli par un gentil monsieur portant barbiche qui vous propose une carte d'adhérent qu'on accepte avec la douce sensation de devenir le membre privilégié d'un club de connaisseurs. A droite : le bar car ici on désaltère toutes les soifs, soif de musique et soif tout court. La salle est coquette, de petites tables rondes entourées de chaises en bois sont posées, éparses, sur l'espace réservé au public. Au fond, la scène, encombrée d'amplis, d'instruments, de pupitres et de pieds de micros, occupe toute la largeur de la salle.
Au programme de ce soir : le grand contrebassiste Jean-Pierre Fourment, précédé d'une première partie assurée par les élèves de l'établissement. Ils sont six : un sax, une trompette, un batteur, une basse, un guitariste électrique et un guitariste manouche. Michel, le sax, présente les morceaux, plaisante avec l'auditoire puis reprend sa place, comme les cinq autres, ensemble, ils taquinent la blue note avec plaisir et avec talent. Après une courte pause, le somptueux piano à queue sort de son silence. La formation invite l'assistance à une musique intimiste, longues tirades de contrebasse soulignées par la trompette avantgardiste de Christophe Motury et le jeu de piano un brin Stockhausen de Stéphane Orins. Jazz de chambre disent les spécialistes pour paraphraser la musique du même style qui, jadis, avait les faveurs de la Cour. Une heure et demie plus tard, les trois jazzmen tirent leur révérence et les amateurs de jazz se boivent une dernière bière avant de se dissoudre dans le soir frisquet de janvier.

Cliquer sur l'image pour lancer le clip (6 mn).
Prix du spectacle : 10 euros. [ www.imfp.fr ]