Samedi 17 et dimanche 18 mai 2003, la Patrouille de France fêtait son cinquantenaire. Samedi matin, le président de la république, Jacques Chirac (accompagnée de madame la Ministre de la défense Michèle Alliot-marie), se rendait en personne à la base salonnaise. Le soir du même jour, c'était au tour de Michel Drucker d'animer en direct sur France 2 depuis l'Ecole de l'Air, une émission spéciale consacrée à la Patrouille de France. Le lendemain, ce sont près de 100.000 visiteurs qui ont envahi les pelouses de la base.

Joyeux anniversaire   

En ce beau dimanche du 18 mai 2003, on ne peut pas dire que le calme régne dans le ciel de notre ville. Les ballets aériens des avions à réactions, venus d'horizons les plus divers, se succédent laissant dans leurs sillages des volutes qui colorent un ciel légèrement chargé. On voit ça du jardin, on se dit qu'on ira faire un tour en fin d'après-midi à cette porte ouverte d'un autre monde.
La veille, j'avais regardé l'émission de Drucker sur Antenne 2 en direct de la Base de Salon. La belle Véronique Jeannot chantait à deux pas de la maison. Le matin quelques jets privés annonçaient des visites peu communes. Du gratin un tantinet mondain.
Il est près de 18 heures lorsqu'on se met en marche vers le territoire privé de l'Ecole de l'Air. Il vaut mieux s'y rendre à pied, une bonne heure de marche c'est pas le bout du monde, surtout que tous les parkings de la ville, y compris ceux des supermarchés, sont réquisitionnés pour la circonstance et sont desservis par un service de navettes. Remarquable organisation. Le bord des routes voit des stationnements sauvages mais tolérés. C'est un brin le bordel pour circuler disons-le franchement.
A mesure que l'on s'approche du centre de gravité, on sent une espèce de frénésie envahir le piéton, allant d'un sens et de l'autre, tous ne convergent pas, comme nous, vers la base, certains reviennent, vêtus d'effets évocateurs achetés sur place. Aujourd'hui on vit à l'heure de l'Alpha Jet. Il y en a autant dans le ciel que sur les tee-shirts.
Arrivé au rond-point de Nostradamus, les forces de l'ordre veillent aux barrages installés sur les axes proches. Pas question au quidam d'aventurer sa berline dans ce périmètre placé sous haute surveillance. Une fois franchi l'immense portail il faut encore marcher car le territoire est immense. Quand je vois le prix du mètre-carré dans le lotissement, face à cette superficie, je me pense qu'il y a de la pépette ici... Face à nous se profile le bâtiment principal et là, à gauche, les tribunes officielles dressées la veille pour notre Chichi et ses sbires. Allez on y est presque, apparemment c'est derrière que ça se passe. Et toujours, au-dessus de nos têtes, le bruit sourd des réacteurs.
Nous voici noyé dans la marée humaine (c'est dans des moments comme ceux-là qu'on apprécie vraiment le téléphone portable en guise de fil d'Ariane) on fait comme tout le monde : on lève la tête pour voir les prouesses de nos pilotes salonais. Ca dure un gros quart d'heure. Ohhhhh.. Ahhhhhh... Applaudissements.
Au retour, c'est un ras de marée, toujours humaine, qui se rue sur les navettes. Comparé à ces débordements, le métro parisien aux heures de pointe c'est de la rigolade. On marche, content d'être à pied. On passe au-dessus d'une autoroute engorgée. 100 000 personnes qui se déplacent en même temps, ça frotte un peu. Obligé. Certaines intersections sont même complètement paralysées à mesure qu'on regagne le centre ville, car la base est située à la sortie de Salon, sur la route de Pélissanne.
Le soir tombe. Peu à peu la ville retrouve son calme, des restes d'affiches témoignent encore que ce fut une journée exceptionnelle placée sous les auspices de ce qui fait la renommée de Salon de Provence.

Dom's

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Extraits de La Provence du Lundi 19 mai 2003

Marée humaine sur la base

De mémoire de Salonais, on ne se souvient pas avoir jamais vu autant de monde sur la Base aérienne. Près de 50 000 personnes étaient attendues, ce sont finalement plus de 70 000 billets d'entrées qui ont été vendus. Quant aux milliers d'autres spectateurs qui se sont massés sur les hauteurs du pays salonais, comme à Lançon, difficile de quantifier. Au total des centaines de milliers de personnes avaient les yeux rivés vers le ciel pour applaudir le ballet aérien de la Patrouille de France qui fêtait ses 50 ans.
Les portes de la base se sont ouvertes dès 10 heures du matin. Pour progressivement, se noircir de monde et ressembler, peu à peu, à une immense plage, sans la mer et sans le sable. Il y avait les pros des meetings qui n'avaient rien oublié du matériel : jumelles, appareil photo avec une flopée d'objectifs, un escabeau pour se hisser au-dessus de la foule, des fauteuils, la crème solaire, les lunettes de soleil, le pique-nique, les couvertures... Certains sont venus de très loin voire de l'étranger. Il y avait les autres, ceux qui, pour rien au monde n'auraient manqué cet anniversaire mais sont arrivés là, les mains dans les poches et sont repartis, par exemple, les épaules rouges cramoisies par les rayons du soleil. Il y en a aussi, souvent les plus jeunes, qui avaient opté pour une rentabilité maximale de la journée : chasse aux autographes, prise de clichés à bord des appareils en démonstration au sol, passage par le stand souvenirs pour acquérir l'écusson millésimé de la célèbre formation ou encore un petit tour par le simulateur de vol pour s'offrir quelques sensations. Beaucoup d'enfants sont repartis avec le modèle très réduit de leur avion préféré. D'autres, fatigués de regarder en l'air, tannaient leurs papas pour qu'ils leur fassent faire l'avion, c'était de circonstance !
Quels qu'ils soient, tous ont largement profité du spectacle : les shows des patrouilles anglaise, italienne, marocaine ou encore polonaise, disséqués par les speakers. Tous trépignaient cependant de voir se dessiner dans le ciel les traînées de fumées tricolores. Il fallait attendre 18 heures. Heureux ceux qui ont patienté car, après cet ultime spectacle bleu blanc rouge, les pilotes sont montés sur le car podium pour un dernier salut. Rendez-vous dans dix ans avec d'autres pilotes mais le même public habité par la même ferveur, la même fierté.
(Photo :
Foule inhabituelle sur les parkings des supermarchés d'ordinaire déserts le dimanche.)

Audrey LETELLIER.


Magique Patrouille de France
Quelque 100 000 personnes ont assisté au meeting des 50 ans de la PAF,
hier sur la base aérienne de Salon.
Deux cent mille autres se sont massés aux alentours de l'enceinte militaire
et sur l'autoroute A7 pour admirer ce show de voltige.

  

Il y avait les parasols, les glacières, des gens étendus à perte de vue ou assis sur des pliants... On se serait cru à la plage sauf que la mer est à des kilomètres de la base aérienne de Salon-de-Provence. La veille, Jacques Chirac avait félicité les pilotes de la Patrouille de France, hier, c'est une marée humaine qui célébrait les 50 ans de la formation.
L'état-major de l'armée de l'air avait prévu que quelque 50 000 personnes assisteraient au meeting anniversaire, l'Ecole de l'air en a accueilli près du double. Plus de 72 000 billets ont été vendus et il faut rajouter à ce chiffre les enfants de moins de 7 ans exemptés de droit d'entrée, les nombreux invités. " C'est comme si l'on avait rempli le Stade de France", se plaisait à répéter le speaker. La Patrouille de France fait donc aussi bien que Johnny et comme les stars, on est venu de loin pour applaudir ses évolutions : de Paris, Cambrai, Le Mans... mais aussi de l'étranger. Les fans des patrouilles italienne, espagnole, britannique avaient fait le déplacement ; dans la foule, on pouvait entendre parler polonais, tchèque, hollandais ou allemand. Les passionnés d'aéronautique n'auraient pas manqué l'événement.
Le spectacle se déroulait dans les airs, alors tous ceux qui n'avaient pu ou voulu accéder à la base aérienne s'étaient massés sur les hauteurs de Lançon, de Pélissanne, à Grans... sans parler des nombreux inconscients qui stationnaient sur les bandes d'arrêt d'urgence de l'autoroute A7. Au total, on estime à 300 000 le nombre de personnes qui ont assisté aux présentations des huit patrouilles invitées et des pilotes de voltige aérienne. Et le show a été à la hauteur de leurs espérances. Le nez en l'air, ils ont assisté aux arabesques des avions. Leur coup de coeur est allé aux pilotes marocains et leurs avions à hélice qui, reliés par des cordes, ont été époustouflants de virtuosité. Mais si le public était là, c'était pour la Patrouille de France. La toute nouvelle cinquantenaire clôturait le meeting. Boucles, tonneaux, flip-flap, croisements... se sont enchaînés dans un nuage de fumigènes tricolores.
Les pilotes français ont terminé leur présentation par une toute nouvelle figure : l'éclat de coeur. Par sa présence, le public, lui, a donné la preuve que son amour pour la Patrouille de France est bien plus qu'un simple coup de coeur. (Photo :
Semblant surgir de nulle part, dans un ciel bleu azur, les Alphajets se séparent dans une gerbe extraordinaire. Mené sur un rythme trépidant, le show de la Patrouille de France a été époustouflant)

Claire AYBALEN

© La Provence - Lundi 19 mai 2003
© Photos : B. Souillard - GP Domenech - P. Bohler - A. Letellier
© salondeprovence.com