| Le
loto, une tradition provençale |
|
Le
loto est un des jeux de société les plus répandus, dont l'origine remonte
à la nuit des temps. Bien avant qu'il ne devienne une manne du
gouvernement, il était déjà (et est toujours) une source de recette essentielle pour les
associations. Ainsi, dès que les premiers froids de l'hiver arrivent, les
bars, salles municipales, gymnases, etc, deviennent autant de temples où
le carton numéroté est roi. En Provence, il semble qu'on ait toujours
joué au loto. La tradition s'est perpétuée du Gard aux Alpes, en passant
par le Vaucluse et même au-delà avec, au centre de cet immense périmètre
emporté par la fougue boulégueuse, Marseille, Arles, Istres et bien sûr
Salon-de-Provence.
Un livre de contes authentiques, basé
sur des faits réels qui se sont déroulés il y a longtemps entre Camargue
et Crau et dont le village arlésien de Raphèle est l'épicentre, retrace
entr'autres les origines villageoises de ce jeu populaire, qui remontent
aux années 60.
|
Extrait :
|
|
|
|
|
Puis,
un peu plus tardivement dans l’épopée des lotos, on connut le bouléguage
par téléphone. On pouvait enfin jouer collectivement avec d’autres bars,
même éloignés, comme ceux de Moulès ou de Mas-Thibert. On augmentait ainsi
l’audience, donc la recette. Pour ce faire, les organisateurs bloquaient
la ligne. Ils demandaient à l’opératrice d’établir une connexion par un
système de fiches pour une durée déterminée, disons quelques heures, le
temps des quines. Le procédé, bien que complexe, avait fait ses preuves
mais il comportait des risques d’erreurs et de malentendus. Il n’était pas
rare qu’il faille régler quelques litiges en fin de parties pour un
chiffre mal compris ou pour une quine criée trop tard.
La technique consistait à annoncer le numéro de la ballotte à un comparse
qui, lui, le communiquait par téléphone à l’interlocuteur éloigné. De
l’autre côté, le chiffre entendu au téléphone était désigné à l’annonceur
qui le haranguait à l’assistance. Mais lorsqu’une quine retentissait à
l’autre extrémité, il fallait faire remonter la combinaison gagnante dans
l’autre sens de la même manière qu’à l’aller. L’un énumérait, l’autre
communiquait et ainsi de suite jusqu’à la validation du carton après avoir
fait répéter les chiffres annoncés autant de fois que nécessaire. Une fois
tout le monde d’accord, le manège pouvait recommencer. Le loto par
téléphone nécessitait une attention constante de la part du boulégueur
suprême, quant à l’auditoire, sa concentration était proche de
l’apoplexie.
Pour l’heure, on écoutait
Raymond dans l’art et la précision de la numérotation.
- Le premier de mille, le
un ! Le un ! … Douuuzeuuu, quitte ta blouuuse, le dou-zeu ! … Dizeu-septeu
! Le dix-sept ! … Nîmes Olympique, le trrrente ! Trente !
|
|
|
|
Si vous souhaitez vous procurer ce livre, contactez le
webmaster (et auteur) ou cliquez sur la couverture pour en savoir plus. |