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Difficile de compter les Salonais qui
s'agglutinent à l'entrée de l'Espace Charles Trenet, plusieurs centaines, mais combien
exactement ? On se croirait à l'entrée d'un concert. Parmi la foule, beaucoup de
personnes agées mais aussi des jeunes, intéressés par leur avenir, celui de la
ville, de LEUR ville. Ce soir on est venu écouter monsieur le maire.
Il est 18h30 lorsque la foule, doucement, pénètre dans la place. Un à un, chaque
Salonais, chaque invité extérieur ou chaque curieux tout simplement, serre la
main de Michel Tonon et de son épouse, sous une petite tente blanche, dressée
pour l'occasion. Ou plutôt c'est lui qui tend la main, souriant, un mot aimable
au bout des lèvres, qu'il posera sur tant de joues féminines.
Peu à peu les chaises, tournées vers les gradins, se remplissent. Ce soir, la
salle est agencée différemment, par rapport aux soirées musicales et artistiques
coutumières. On est accueilli par une violoniste et un guitariste. Puis un
quatuor saxos et clarinette enchaîne, alternant sonate et jazz (dont l'éternel
American Patrol de Glenn Miller), réchauffant l'atmosphère par quelques notes
légères et guillerettes. Soudain la sono crache une zicmu plus contemporaine,
sur laquelle une poignée de garçons s'évertuent à danser en une démonstration
acrobatique faite de tournoiements et voltiges effreinés. Puis, sur les gradins,
on retrouve notre charmante violoniste aux cheveux courts, accompagnée par son
guitariste de tout à l'heure qui, cette fois, a troqué la six cordes contre un
piano droit. Quelques airs slaves aux notes étirées cadencent l'atmosphère, les
mains du jeune pianiste s'agitent sur les touches, c'est costaud, ça sent le talent à
plein nez. Bravo.
Les deux écrans, disposés de part et d'autre de la tribune, s'éclairent. Un
micro-trottoir filmé nous dévoile les habitants de Salon pris sur le vif. Petits
et grands émettent leurs souhaits, leurs griefs, leurs espoirs, leurs reproches,
mais toujours avec le sourire, toujours avec cette petite lueur au coin de l'œil
qui trahit un amour pour sa ville, Salon de Provence.
Adversaires
mais pas ennemis Il est 19h30. Michel Tonon se lève et gagne le pupitre. Il commence par
remercier. D'abord les hautes instances de l'Ecole de l'Air, le Général Martin,
puis le Colonel Rousseau et d'autres encore car ce soir sa Majesté l'Ecole de
l'Air de Salon de Provence est présente en force. Il remercie les jeunes
artistes, frais émoulus de la ville, Etienne et Perrine (piano et violon), le
groupe Specimen (danseurs de hip hop) et le Quatuor de saxophones du
conservatoire municipal. Viennent ensuite le Conseiller Général et la
Conseillère Régionale, puis les membres de l'opposition que le maire accueillera
par ces mots "Nous sommes adversaires mais pas ennemis." Et enfin les autorités
religieuses. Sans oublier les maires des communes voisines : Berre, Aurons,
Lançon, Sénas, Pélissanne, Mallemort, La Barben… (NDLR : pas celui de Grans,
tiens donc ?).
Le discours commence par l'évocation des événements difficiles de novembre
dernier. Des voitures et des poubelles brûlèrent dans la ville. "Je condamne
fermement ces agissements, précise Michel Tonon, mais il ne faut pas
faire d'amalgame entre les jeunes et quelques imbéciles. Salon est une ville
sûre, Salon est une ville où il fait bon vivre."
Le maire poursuit pas le triste constat de la journée du 4 août qui vit partir
en fumée 300 hectares entre Pélissanne et Aurons, ces mêmes incendies qui
semblent se perpétuer, toujours au même endroit, d'une décénie à l'autre. En
accord avec les communes alentours et notamment celle de Pélissanne, une
réflexion est à l'étude sur une nouvelle essence à développer sur les collines
pour qu'enfin cesse ce désastre récurrent.
Berlin, Tokyo et Salon de Provence
L'autre sujet abordé, essentiel, concerne
l'éducation et les établissements sportifs. Si en 1976, Salon a été élue la
ville la plus sportive de l'année, depuis, les équipements ont un peu vieilli et
remettraient assurément le précieux titre en cause. La décision est donc prise :
les trois COSEC (gymnases et structures sportives) seront réhabilités, ceux des
Canourgues, des Bressons et de Lurian. Parallèlement, le quartier de Bel Air
verra l'implantation d'une école maternelle de 6 classes. L'informatique fera
une forte percée dans les écoles salonaises. Quant à l'école François Blanc, la
sécurité y sera accrue, sécurité avec laquelle "on ne transige pas".
L'indigne projet
(Source La Provence - Lundi 16 janvier 2006)
Le projet de la gigantesque surface commerciale qui devrait s'étaler aux
abords de Salon, au lieu-dit Les Paluns, a été déposé par le promoteur
immobilier Rome Invest de la société Carrefour SA. Ce projet mentionne bien
entendu la construction d'un hypermarché Carrefour de 8000 m2 autour duquel
graviteraient quelques 2000 m2 de galeries marchandes, soient 20 commerces
supplémentaires. Ajoutons à cela une station-service de 11 pompes sur une
surface de 400 m2, et nous atteignons une surface totale de 10400 m2, plus
de un hectare !
A savoir : Les dossiers techniques et les
registres d'enquêtes de la zone commerciale des Paluns sont mis à la disposition
du public du 25 janvier au 23 février inclus, au service de l'urbanisme de
la mairie de Grans, boulevard Victor-Jauffret. Le service est ouvert du
lundi au jeudi, de 8h30 à 12h30 et de 14h à 17h. Yves Prigent
commissaire-enquêteur, sera présent à Grans les 25 janvier, 13 et 23
février. |
Petite page culturelle, avec l'annonce du 20ème anniversaire cette année de la
Reconstit que l'on va "fêter dignement". Le festival de musique de chambre
persistera. Trois villes dans le monde se le disputent : Berlin, Tokyo et… Salon
de Provence. Cette année encore c'est notre ville qui en sera la scène. Et
toujours le jazz dans la rue.
Salon adopte une politique forte en matière de logement. Le chiffre évoqué fait
état de 3880 logements sociaux escomptés à Salon (notamment pour les retraîtés
et les étudiants). A ce titre, le magazine Le Point éditera dans son numéro de
mars prochain, un dossier spécial consacré à notre ville.
Intervention divine
Sans animosité aucune, le maire poursuit par un sujet grave, épidermique, qui
soulève l'indignation par sa démesure : le projet des Paluns (voir encadré). Si
le projet des Gabins (sortie Salon, route de Miramas), se présente comme un
complément aux commerces du centre ville, bien qu'il ne fasse pas l'unanimité,
en revanche celui des Paluns intervient comme une intrusion, ne serait-ce que
par sa proximité (à hauteur des Crozes), surface commerciale enclavée dans le
périmètre de la ville qui, hélas, n'est pas celui de la commune. Ainsi Michel
Tonon affirmera que "ce projet apportera beaucoup de nuisances aux commerçants
salonais." pour conclure par un "oui aux Gabins, non aux Paluns."
Parlons des travaux. Les canalisations d'eau et de gaz, la plupart en plomb,
nécessitaient d'être changées. Tout un inventaire a donc été fait. On en a
profité pour revoir cours et avenues. La fin des travaux est prévue pour juillet
prochain. Si ces travaux apportent un nouveau cachet au centre ville, conférant
le bien-être que tout citadin souhaite, ils ne sont pas l'aboutissement des
efforts que mène la municipalité en matière de rénovation. Ainsi, la collégiale
Saint-Laurent sera, elle aussi, réhabilitée à la mesure
des 2 millions 500 milles euros nécessaires à cette intervention "divine mais
aussi et surtout du Conseil Général". Parmi les grandes réalisations actuelles,
n'oublions pas l'hôpital. "Le territoire de santé était une aberration." Grâce
au 11 000 signatures des salonais, notre cher hôpital demeurera mais se verra
agrandi par un pôle de gérontologie tout neuf ou sera notamment soignée la
maladie d'Alzheimer.
Le discours est bien pesé, pas trop long, monsieur le maire va droit à
l'essentiel. Les gens écoutent, même les enfants sont sages. Tandis qu'il
termine par ces mots : "2006 sera une année d'action et de changement durable",
il invite l'assistance à partager le verre de l'amitié. L'affluence qu'il y
avait deux heures plus tôt se renouvelle, vers la sortie cette fois. Ce vendredi
13 janvier 2006, le maire de Salon de Provence a parlé, dans le respect et la
dignité, à ses administrés.
MD
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