Ca s'est passé à Salon 

"Oui aux Gabins, non aux Paluns"

Vendredi 13 janvier 2006, Michel Tonon, maire de Salon de Provence, prononçait ses voeux à l'Espace Charles Trenet. Salle pleine et ambiance eclectique, ponctuée par quelques jeunes talents du cru sur un air classique, jazz et hip hop. 2006 sera une année d'action et de changement durable.


Difficile de compter les Salonais qui s'agglutinent à l'entrée de l'Espace Charles Trenet, plusieurs centaines, mais combien exactement ? On se croirait à l'entrée d'un concert. Parmi la foule, beaucoup de personnes agées mais aussi des jeunes, intéressés par leur avenir, celui de la ville, de LEUR ville. Ce soir on est venu écouter monsieur le maire.
Il est 18h30 lorsque la foule, doucement, pénètre dans la place. Un à un, chaque Salonais, chaque invité extérieur ou chaque curieux tout simplement, serre la main de Michel Tonon et de son épouse, sous une petite tente blanche, dressée pour l'occasion. Ou plutôt c'est lui qui tend la main, souriant, un mot aimable au bout des lèvres, qu'il posera sur tant de joues féminines.
Peu à peu les chaises, tournées vers les gradins, se remplissent. Ce soir, la salle est agencée différemment, par rapport aux soirées musicales et artistiques coutumières. On est accueilli par une violoniste et un guitariste. Puis un quatuor saxos et clarinette enchaîne, alternant sonate et jazz (dont l'éternel American Patrol de Glenn Miller), réchauffant l'atmosphère par quelques notes légères et guillerettes. Soudain la sono crache une zicmu plus contemporaine, sur laquelle une poignée de garçons s'évertuent à danser en une démonstration acrobatique faite de tournoiements et voltiges effreinés. Puis, sur les gradins, on retrouve notre charmante violoniste aux cheveux courts, accompagnée par son guitariste de tout à l'heure qui, cette fois, a troqué la six cordes contre un piano droit. Quelques airs slaves aux notes étirées cadencent l'atmosphère, les mains du jeune pianiste s'agitent sur les touches, c'est costaud, ça sent le talent à plein nez. Bravo.
Les deux écrans, disposés de part et d'autre de la tribune, s'éclairent. Un micro-trottoir filmé nous dévoile les habitants de Salon pris sur le vif. Petits et grands émettent leurs souhaits, leurs griefs, leurs espoirs, leurs reproches, mais toujours avec le sourire, toujours avec cette petite lueur au coin de l'œil qui trahit un amour pour sa ville, Salon de Provence.

Adversaires mais pas ennemis

Il est 19h30. Michel Tonon se lève et gagne le pupitre. Il commence par remercier. D'abord les hautes instances de l'Ecole de l'Air, le Général Martin, puis le Colonel Rousseau et d'autres encore car ce soir sa Majesté l'Ecole de l'Air de Salon de Provence est présente en force. Il remercie les jeunes artistes, frais émoulus de la ville, Etienne et Perrine (piano et violon), le groupe Specimen (danseurs de hip hop) et le Quatuor de saxophones du conservatoire municipal. Viennent ensuite le Conseiller Général et la Conseillère Régionale, puis les membres de l'opposition que le maire accueillera par ces mots "Nous sommes adversaires mais pas ennemis." Et enfin les autorités religieuses. Sans oublier les maires des communes voisines : Berre, Aurons, Lançon, Sénas, Pélissanne, Mallemort, La Barben… (NDLR : pas celui de Grans, tiens donc ?).
Le discours commence par l'évocation des événements difficiles de novembre dernier. Des voitures et des poubelles brûlèrent dans la ville. "Je condamne fermement ces agissements, précise Michel Tonon, mais il ne faut pas faire d'amalgame entre les jeunes et quelques imbéciles. Salon est une ville sûre, Salon est une ville où il fait bon vivre."
Le maire poursuit pas le triste constat de la journée du 4 août qui vit partir en fumée 300 hectares entre Pélissanne et Aurons, ces mêmes incendies qui semblent se perpétuer, toujours au même endroit, d'une décénie à l'autre. En accord avec les communes alentours et notamment celle de Pélissanne, une réflexion est à l'étude sur une nouvelle essence à développer sur les collines pour qu'enfin cesse ce désastre récurrent.

Berlin, Tokyo et Salon de Provence

L'autre sujet abordé, essentiel, concerne l'éducation et les établissements sportifs. Si en 1976, Salon a été élue la ville la plus sportive de l'année, depuis, les équipements ont un peu vieilli et remettraient assurément le précieux titre en cause. La décision est donc prise : les trois COSEC (gymnases et structures sportives) seront réhabilités, ceux des Canourgues, des Bressons et de Lurian. Parallèlement, le quartier de Bel Air verra l'implantation d'une école maternelle de 6 classes. L'informatique fera une forte percée dans les écoles salonaises. Quant à l'école François Blanc, la sécurité y sera accrue, sécurité avec laquelle "on ne transige pas".
L'indigne projet
(Source La Provence - Lundi 16 janvier 2006)


Le projet de la gigantesque surface commerciale qui devrait s'étaler aux abords de Salon, au lieu-dit Les Paluns, a été déposé par le promoteur immobilier Rome Invest de la société Carrefour SA. Ce projet mentionne bien entendu la construction d'un hypermarché Carrefour de 8000 m2 autour duquel graviteraient quelques 2000 m2 de galeries marchandes, soient 20 commerces supplémentaires. Ajoutons à cela une station-service de 11 pompes sur une surface de 400 m2, et nous atteignons une surface totale de 10400 m2, plus de un hectare !

A savoir : Les dossiers techniques et les registres d'enquêtes de la zone commerciale des Paluns sont mis à la disposition du public du 25 janvier au 23 février inclus, au service de l'urbanisme de la mairie de Grans, boulevard Victor-Jauffret. Le service est ouvert du lundi au jeudi, de 8h30 à 12h30 et de 14h à 17h. Yves Prigent commissaire-enquêteur, sera présent à Grans les 25 janvier, 13 et 23 février.
Petite page culturelle, avec l'annonce du 20ème anniversaire cette année de la Reconstit que l'on va "fêter dignement". Le festival de musique de chambre persistera. Trois villes dans le monde se le disputent : Berlin, Tokyo et… Salon de Provence. Cette année encore c'est notre ville qui en sera la scène. Et toujours le jazz dans la rue.
Salon adopte une politique forte en matière de logement. Le chiffre évoqué fait état de 3880 logements sociaux escomptés à Salon (notamment pour les retraîtés et les étudiants). A ce titre, le magazine Le Point éditera dans son numéro de mars prochain, un dossier spécial consacré à notre ville.

Intervention divine

Sans animosité aucune, le maire poursuit par un sujet grave, épidermique, qui soulève l'indignation par sa démesure : le projet des Paluns (voir encadré). Si le projet des Gabins (sortie Salon, route de Miramas), se présente comme un complément aux commerces du centre ville, bien qu'il ne fasse pas l'unanimité, en revanche celui des Paluns intervient comme une intrusion, ne serait-ce que par sa proximité (à hauteur des Crozes), surface commerciale enclavée dans le périmètre de la ville qui, hélas, n'est pas celui de la commune. Ainsi Michel Tonon affirmera que "ce projet apportera beaucoup de nuisances aux commerçants salonais." pour conclure par un "oui aux Gabins, non aux Paluns."
Parlons des travaux. Les canalisations d'eau et de gaz, la plupart en plomb, nécessitaient d'être changées. Tout un inventaire a donc été fait. On en a profité pour revoir cours et avenues. La fin des travaux est prévue pour juillet prochain. Si ces travaux apportent un nouveau cachet au centre ville, conférant le bien-être que tout citadin souhaite, ils ne sont pas l'aboutissement des efforts que mène la municipalité en matière de rénovation. Ainsi, la collégiale Saint-Laurent sera, elle aussi, réhabilitée à la mesure des 2 millions 500 milles euros nécessaires à cette intervention "divine mais aussi et surtout du Conseil Général". Parmi les grandes réalisations actuelles, n'oublions pas l'hôpital. "Le territoire de santé était une aberration." Grâce au 11 000 signatures des salonais, notre cher hôpital demeurera mais se verra agrandi par un pôle de gérontologie tout neuf ou sera notamment soignée la maladie d'Alzheimer.
Le discours est bien pesé, pas trop long, monsieur le maire va droit à l'essentiel. Les gens écoutent, même les enfants sont sages. Tandis qu'il termine par ces mots : "2006 sera une année d'action et de changement durable", il invite l'assistance à partager le verre de l'amitié. L'affluence qu'il y avait deux heures plus tôt se renouvelle, vers la sortie cette fois. Ce vendredi 13 janvier 2006, le maire de Salon de Provence a parlé, dans le respect et la dignité, à ses administrés.

MD


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