| Mademoiselle Julie |
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| Pièce de August Strindberg. Avec Bruno Wolkowitch, Emilie Dequenne, Julie Marboeuf. Mercredi 24 janvier 2007. Théâtre Armand Salon de Provence. |
Mademoiselle Julie
appartient à la vieille noblesse décadente, prisonnière de ses
préjugés et de valeurs qu'elle a de plus en plus de mal à assumer comme
l'honneur familial, l'exemplarité, la pureté des sentiments religieux et la
réserve face à l'élan amoureux.
Jean, appartient au cercle des domestiques qui ne voit plus la servilité comme
une fatalité et qui n'a d'autre ambition que de se donner les moyens d'en
sortir par l'éducation, la revendication de l'égalité entre les hommes et en
corollaire la liberté de vivre ses passions et ses rêves de grandeur.
Mademoiselle Julie et Jean exercent l'un envers l'autre une fascination portée
à son paroxysme cette nuit de la Saint Jean où les feux populaires embrasent
les campagnes. Les danses échauffent, et libèrent les corps. Julie se doit de
tomber et Jean y voit un moyen de s'élever.
Après les mises à l'épreuve, l'excitation et la consommation de l'acte, vient
le dégoût pour soi-même, pour l'autre, pour la culpabilité qu'ils n'arrivent
pas à chasser. Ils croient de moins en moins à leurs rêves de liberté, la
réalité de leur condition les rattrape.
Mademoiselle Julie peut-elle vivre dans le déshonneur ? Comment Jean peut-il
vivre avec la crainte respectueuse qu'il ressent pour Monsieur le Comte.
Mademoiselle Julie peut-elle envisager de fuir ? Les personnages pressentent,
dès le départ, que cette nuit pas comme les autres, les plongera dans un état
quasi hypnotique pour mieux les dévorer.
![]() Emilie Dequenne est Marianne de Morangias dans le Pacte de Loups
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La pièce Mademoiselle Julie est une pièce dramatique en un seul acte, d'une durée de 2 heures. Décor dépouillé : une table, quatre tabourets, un fourneau, un miroir et une paire de bottes. Jean (Bruno Wolkowitch) est délicieusement machiavélique, Julie (Emilie Dequenne) est sublimement désinvolte, Christine (Julie Marboeuf) est amoureusement déchirée. Le jeu des comédiens est fastueux, le verbe emporté, le geste ample et le regard éloquent. Ca rit, ça pleure (de vraies larmes, chapeau !), ça hurle, ça gifle, ça boit, ça fume, ça crache et ça baise à même les planches (non dévêtu, mais quand même !). On se demandera si Emilie tremblait réellement à cause du mistral que l'on entendait souffler ou si c'était un jeu de scène. Le public L'approche Dom's
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*Jamais encore, il ne me fut possible d'obtenir une
place au théâtre Armand sans être contraint de négocier avec un détachement
de bourgeoises canoniques suintant
l'eau bénite et arborant
un habit fait du pelage de ces animaux que
l'on écorche pour l'apparat. Si la vieille dame modeste me fait fondre
d'affection, si j'éprouve de la sollicitude envers tant de jeunes filles aux
cheveux gris, en revanche, les rombières érudites m'insupportent parfois par
l'ostentation de leur science tardivement infuse. On les imagine incollables au scrabble ou
abondamment nourries de subsistances intellectuelles comme la lecture du
dernier cru de la semaine littéraire. On les imagine, toute fatuité bue,
taquiner le petit four, en de
démonstratives mastications, au sein de quelque soirée à
caractère trouduculeusement mondain. Les
m'as-tu entendue capiteuses et bouffies de suffisance me recroquevillent l'aorte. Pour toute infortune, les plus jeunes ont dû une fois de plus, se contenter des balcons et autres loges latérales, quand ils ne sont pas repartis sans billet, comme souvent ce fut mon cas. Désolé pour ce coup de gueule. |
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