Sur la corde rêve 

Le Quatuor à l'espace Charles Trenet - Jeudi 6 avril 2006, 21 h

Que ceux et celles qui ne connaissent pas Le Quatuor aillent tout de suite au coin avec un bonnet d'âne ! Ce groupe c'est le genre de truc qu'il FAUT voir, toute affaire cessante. D'une part parce que ça sent le talent à plein nez, parce que c'est excellentissime, parce que c'est de la virtuosité à l'état pur mais surtout parce qu'on passe un sacré bon moment tant le spectacle est varié, sans temps mort (encore la moooort !!!) et bourré d'humour et de plaisanteries fines et courtoises. Bien que manipulant allègrement l'italien, l'anglais, voire l'allemand, le groupe est français de pure souche.
Quatre musiciens qui ne font qu'un : deux violons, un violon alto et un violoncelle. Pendant deux heures, les virtuoses de la corde endiablée emmènent le spectateur sur les portées de la musique de chambre, du jazz, du rock, de la musique baroque, puis des musiques de films, des chansons éternelles et même du rap. Une véritable gymnastique. Et, chose étonnante, ces quatre garçons chantent divinement, dans tous les registres, la parodie des Choristes coupait le souffle.
A ces envolées lyriques s'ajoutent des numéros visuels dignes de plus grands cirques : acrobaties, clowneries, jongleries (avec 3 pommes et les manger en même temps, puis... les postillonner tout azimut), imitations (Cloclo, les Beatles, Jimi Hendrix...). Complètement déjantés les mecs ! On en redemande.
Surprise, au rappel, les quatres violonistes troqueront leur violon pour des guitares électriques et une batterie. S'ils ont donné dans le rock avec des instruments classiques, cette fois-ci ils donnent dans le classique avec des instruments rock. Le Bolero de Ravel ou la Marche turque de Mozart à la Fender, ça vaut le détour ! Merci à la municipalité d'avoir ajouté au programme cette page d'anthologie classique qu'est Le Quatuor.

Dom's

 

Le Best Of

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(2,48 minutes - 4,72 Mo)

Qui se cache derrière Le Quatuor ?

Jean-Claude Camors
Ne vous fiez pas à la perruque classique qu'il arbore dans la leçon de musique : Jean-Claude Camors est un romantique échevelé qui, d'emblée et d'instinct, a préféré à la théorie la pratique du beau, et à l'accent gascon de ses origines des accents plus lyriques.
Musicien né pour la démesure, la théâtralisation, la ferveur, tout en communiquant sa fièvre à l'instrument de Paganini, il a également suivi sa voix, guidé d'abord par l'attraction magnétique du chant, ensuite par l'enseignement inspiré d'une dame à l'oreille absolue et avec laquelle il s'entendait suprêmement, Lina Possenti-Boralevi. Habile et prompt à faire vibrer toutes ses cordes sensibles, la partition de sa vie, il continue à la déchiffrer au jour le jour.

Pierre Ganem
S'il opte pour l'alto sur le tard, c'est tôt que se forment ses goûts musicaux. La partie de son enfance qui se déroule aux Etats-Unis semble avoir été déterminante : dans l'euphorie des années 60, Pierre se gave de jazz, de rock, de chansons de charme qui collent au palais, et dont les Américains ont le sirupeux secret.
Revenu dans l'Hexagone, avant de faire à son tour des "crooneries", il fera, deux étés durant, le tour de la Drôme avec l'inévitable Laurent Vercambre et le Théâtre de La Chiffonie. Dans cette compagnie amateur qui se produit souvent sur la place des villages de ce riant département, Pierre cumule les fonctions, également "branchées", de technicien du son et de chanteur rock.

Jean-Yves Lacombe
A Lille, il voit le jour, à Laon, Maurice Baquet à la télévision (plus qu’un visage, déjà la figure d’un père spirituel !), et c’est là qu’il entre au conservatoire dans la classe de Roger Thirault. Au Mans, il séjourne plus de 24 heures, et, à 16 ans, il s’évade du conservatoire au bras d’une contrebasse, en somme une belle fugue…
Il arrive à Paris par la Porte de Vincennes, rencontre Patrice Caratini et devient l’un de ses élèves au « CIM », école de Jazz de Paris. Très vite, excellent contrebassiste (c’est bon pour les muscles… !), il pratique le métier et se retrouve notamment pendant un an aux côtés de Maxime Le Forestier. Parallèlement, il multiplie les expériences musicales les plus folles (on ne se refait pas…) : avec Laurent Vercambre, il fait partie de « La Confrérie des Fous » d’où sortira le Quatuor dont il sera le premier violoncelliste (ça vous étonne ?), avec Jean-Claude Asselin (mandoliniste) il se transforme en « employé du Jazz et de l’Eclecticité » au sein du célèbre duo Lacombe- Asselin ça vous rappelle des choses ?…)

Laurent Vercambre
En 1973, il participe à la formation du groupe Malicorne qui, dans la lignée d'Alan Stivell, exprime le renouveau de la musique folk et connaîtra un beau succès en France et en Europe. Notre barde y joue du piano, du violon, de la guitare, de la mandoline, de l'accordéon, de la clarinette, du soubassophone (c'est gros), et là, Laurent se jouerait-il de nous ?... du nickelharpa (sorte de vielle à archet suédoise, qui existe bel et bien).

D'après www.polyfolies.com