Royal de Luxe,
une machine à voyager
Royal
de Luxe, c’est une machine, une gigantesque machine. Une machine
planétaire. A la tête de cette machine, un Français, Jean-Luc
Courcoult (photo de droite), délicieusement excentrique ou sauvagement loufoque. Clown
mondain qui transporte un art rare et précieux au hasard de la surface
du globe, un art percutant comme une météorite qui tomberait n’importe
où, ville ou continent, pour noyer le spectateur dans une onde
d’étonnement jusqu’à la démesure.
L’histoire de Royal de Luxe commence dans les rues d’Aix-en-Provence,
en 1979. Puis Jean-Luc Courcoult décide de camper avec sa troupe à
L’Estréchure, près de St Jean-du-Gard. Au début des années 80, les
spectacles se poursuivent dans les Cévennes. Puis les artistes
s’installent à Toulouse et arpentent les rues de Nîmes, de Lisbonne,
d’Amsterdam. Et de là, ils parcourent le monde où ils donnent 240
représentations du tournage d’un roman photo sur la place publique, en
Europe mais également en Amérique Latine, en Afrique, en URSS, au
Japon, en Corée, aux Philippines, en Australie et en Nouvelle Zélande.
Au retour d’un travail de recherche
au Maroc, Royal de Luxe quitte Toulouse en 1989 pour s’établir à
Nantes, où ils sont encore aujourd’hui. C’est le début de la fabuleuse
tournée du spectacle La véritable histoire de France d’abord à
Avignon, sur la place du Palais des Papes, puis 25 fois en Europe dont
19 en France : 2 représentations sont données sous la Grande Arche de
La Défense devant 20 000 spectateurs. La tournée de ce spectacle
s’étendra ensuite jusqu’aux ports de la façade atlantique de
l’Amérique Latine, de Caracas à Buenos Aires, à bord d’un cargo
spécialement armé.
Les spectacles originaux et démesurés
s’enchaînent entraînant dans leur sillage des centaines de milliers de
spectateurs médusés : Le Péplum, un péplum théâtral dont l'action se
déroule en Égypte il y a plus de 2000 ans ; Le rhinocéros, spectacle
donné à Arles en avant-première pendant les Rencontres internationales
de la Photo ; Retour d’Afrique, une parade composée de deux géants et
de 55 musiciens du Burkina Faso ; Petits contes nègres titre
provisoire, qui démarre à Santiago du Chili ; La petite géante et
l’éléphant du Sultan des Indes, qui parcourt les villes de France et
d’Europe suivis par une marée humaine. L'équipe de Royal de Luxe varie
de 16 à 60 comédiens-techniciens selon les spectacles.


Spectacle de rue au Havre
en 2006. La petite géante et l'éléphant du Sultan (Photos
Théo et Martine Lemonnier). |
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Pendant
quatre jours, la troupe Royal de Luxe et son manager savoureusement
avant-gardiste Jean-Luc
Courcoult, ont installé leur bivouac place Morgan, du mercredi 27 au samedi
30 août derniers de cette année 2008 pour un spectacle gratuit, aussi
magnifique de dérangeant. Pendant quatre jours, de 17 h 30 (précises) à 19
h, des milliers de Salonais se
sont retrouvés sur (et autour !) les gradins spécialement installés, à
grands renforts de moyens tel un woodstock artistique international (voir
encadré à gauche).
Sur scène, une douzaine de
comédiens sautent d'un rôle à un autre, d'un costume dans un autre, d'une
situation drôle à une situation gore. Tandis qu'un tableau se déroule sur
les planches, voire deux tableaux simultanément, on peut tout à loisir
assister en arrière-plan à la préparation du suivant, tel un making-off
public. On ne cache rien au spectateur, les artistes se changent parfois sur
scène, là, en direct, sous nos yeux.
Aucun temps mort ne permet
au spectateur de souffler, les gags fusent au rythme des tambours et des
explosions. Ca rit, ça pleure, ça hurle, ça fumigène, ça fait la guerre, ça
étrangle, ça
torture, ça trucide, ça déballe ses alibofis, ça pleut, ça saigne et ça accouche, les
puritains n'ont qu'à bien se tenir (ou rentrer chez eux regarder la télé) ! Le ton est donné, vous l'avez
compris, ce soir on se lâche.
Mais de quoi s'agit-il ? En
deux mots, la troupe chilienne de Gran Reyneta joue Les cauchemars de Toni
Travolta, une parodie de la fièvre du samedi soir sur fond de dictature,
dans une alternance de cabaret et de scènes assez violentes, mais ça reste
du théâtre, ce n'est pas pire que certaines séries TV. Seuls les puritains
seront choqués par la vue de trois bistouquettes soudainement dévoilées.
Les gosses, nombreux ces 4 soirs, ont eu le bon goût d'en rire car pour les
mômes, tout cela est on ne peut plus naturel, ma bonne dame. Pour les
autres, les amoureux de l'art sous toutes ses formes, Royal de Luxe a offert
un festival d'humour, de jolies filles, de danse et de musique car les
comédiens jonglent entre réplique et partition, entre le devant de la scène,
révolver au poing et l'arrière, guitare ou clavier en main.
En effet ! Ce sont de
sacrés musiciens les joyeux drilles de Royal de Luxe. Ce samedi soir, en
clôture de ces quatre chaudes soirées, au propre comme au figuré, ils donneront
un petit concert spécial derrière les gradins, jusqu'à près de minuit.
Tandis que les derniers glaçons fondent sur les planches, apothéose finale au
spectacle que cette pluie de milliers de glaçons sur trois filles en ciré
jaune, les comédiens de tout à l'heure s'éclatent littéralement dans une
suite effrénée de salsas endiablées. Pendant quatre jours, mais surtout le
dernier soir, les Chiliens ont mis le feu à la place
Morgan. A Salon de Provence, ce samedi termine le mois
d'août dans une fièvre digne des plus grands moments d'Hollywood. Merci Gran
Reyneta, merci Jean-Luc Courcoult, merci à la troupe, pour cette grande
rencontre et pour ce moment de pur plaisir.
Dom's

Quelques mots pour un
webmaster...
Et maintenant... cliquer sur
les images ci-dessous

Les photos
du spectacle
Les cauchemars
de Toni Travolta |

Les photos de
la soirée après
le spectacle,
place Morgan |

Les vidéos du
spectacle et
de la soirée.
C'est chaud ! |

Quelques clips de
Royal de Luxe
et Gran Reyneta
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