 Un
siècle de savonnage
Lorsque l'on parle du savon, un nom vient à l'esprit, encore plus populaire
dans la mémoire des provençaux que les savonettes de supermachés : le savon
de Marseille. Pour beaucoup, ce savon devrait son nom à la ville de Marseille d'où il
serait à l'origine. Erreur. La plus ancienne savonnerie dite "de Marseille" se trouve
à Salon. Un siècle après sa création (en 1900), la savonnerie Marius Fabre
existe toujours, elle est même devenue un musée depuis 2001. Elle est située avenue
Paul Bourret, ancienne avenue de Grans.
Marius Fabre avait 22 ans lorsqu'il créa
sa savonnerie, en 1900. Plus de 100 ans plus tard, elle est toujours là,
toujours en activité, et toujours renommée, offrant un savon dont la
réputation et la qualité ne sembleront jamais s'estomper tant les
amateurs d'authentique apprécient de l'utiliser pour ses vertus. Car le
savon de Marseille est recommandé par les dermatologues pour sa pureté
et sa très faible teneur alcaline. Et si on y ajoute un brin de
nostalgie, qui n'a pas dans sa mémoire, ce gros bloc blanchâtre que les
petites mains d'enfants avaient peine à manipuler sous le robinet.
Le véritable savon de Marseille est un produit 100%
naturel fabriqué exclusivement à partir d'huile végétale d'olive, de coprah, de palme, sans aucun colorant ni adjuvant de synthèse. Il doit contenir impérativement
72% d'huile, pourcentage estampillé sur chaque cube de savon.

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Coulée dans des mises

Séchage (en 1930)

Estampillage à la machine

Tampons au sceau de la fabrique
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Fabrication
du savon de Marseille
Fabriquer du savon de Marseille,
c'est comme fabriquer de l'huile d'olive ou encore des santons : on a beau savoir comment ça se fabrique, ça restera toujours une
affaire de spécialiste. Et à Salon, le savon, on sait tellement
bien le fabriquer qu'il s'en est fallu de peu que la ville ne
s'appelle Savon de Provence et ses habitants les Savonnés !
Pour fabriquer du savon de
Marseille, il faut : de l'huile (d'olive, de palme, de coprah) et de
la soude. Le reste, c'est beaucoup de savoir-faire qui remonte à
des centaines d'années. Si ça c'est pas de la tradition !
Dans un grand chaudron en inox, on mélange une quantité de 20.000
litres d'huiles additionnées de soude, soit une capacité de 20
tonnes. Ce mélange va cuire pendant 10 jours à 120°. Cette opération s'appelle
la saponification, ou encore la cuite. A mesure que l'on arrive
au terme de la cuisson, il faut éliminer la soude, pour cela on
fait couler de l'eau salée au-dessus du bain (à la manière d'une
douche). Cette eau salée, plus lourde, va descendre au fond du
chaudron, et fixer avec elle la soude et les impuretés (glycérine...)
qu'il faut vider régulièrement jusqu'à disparition complète. On
appelle cette opération, le
relargage. Le maître savonnier goûte alors le savon du bout de la
langue, un geste ancestral de connaisseur qui n'est pas sans
rappeler celui des tastesvins.
Lorsque le maître savonnier juge que la pâte est bonne, il faut
maintenant la couler (à 80°) dans des bacs en ciments construits au sol
: les "mises". Le savon va ainsi sécher par
évaporation pendant 2 jours et se solidifier, donnant de
gigantesques pains qu'il faudra débiter en morceaux de 35 kg puis
en portions de plus en plus légères jusqu'à obtenir enfin les
fameux cubes. Ils seront soigneusement rangés sur des canisses pour
un dernier séchage avant la dernière opération : le moulage,
c'est à dire qu'on estampille le savon de Marseille au sceau de sa
fabrique.
On distingue deux sortes de savon de Marseille, le savon vert, à
base d'huile l'olive à 50 % et le savon blanc, à base d'huile de
coprah et de palme.
Aujourd'hui on fabrique tojours le savon de Marseille comme on le
fabriquait en 1900. Exceptées les machines qui ont doucement suivi
la technologie, les gestes et les outils n'ont pratiquement pas
changé.
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L'entrée de la savonnerie Marius Fabre,
avenue Paul Bourret
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